Placer la trésorerie de votre société

Cette page s'adresse au dirigeant dont la société garde un excédent stable sur le compte courant, au-delà du fonds de roulement et du coussin de sécurité. La question n'est pas « quel produit », mais combien, pour combien de temps, avec quel droit à l'erreur.

Le risque, d'abord : hors dépôts bancaires garantis dans les limites légales, les supports d'investissement comportent un risque de perte en capital, et certains des contraintes de liquidité. Aucun rendement n'est promis sur ce site. C'est une règle, pas un oubli.

La démarche : trois poches, pas un produit

Le diagnostic découpe l'excédent selon l'usage réel des fonds. C'est qualitatif, c'est écrit, et c'est ce qui évite les mauvaises surprises.

Poche 1
Court terme : l'exploitation
Salaires, fournisseurs, imprévus. Cette part reste sur des supports mobilisables sous quelques jours. Elle ne se place pas au sens strict : elle se sécurise.
Poche 2
Moyen terme : le projet daté
Investissement prévu, croissance externe, dividende futur. Des supports à échéance connue (comptes à terme, fonds datés) dont les conditions de sortie anticipée sont dites avant la signature.
Poche 3
Long terme : l'excédent durable
La part dont la société n'aura vraisemblablement pas besoin. C'est la seule qui peut accepter de la fluctuation (contrat de capitalisation, immobilier collectif), en acceptant le risque de perte en capital.

La disponibilité, support par support

C'est la première question d'un dirigeant, alors elle est traitée en premier. Ordres de grandeur usuels : les conditions exactes dépendent de chaque contrat et vous sont remises par écrit.

Livrets et dépôts à vue
Disponibles sous quelques jours. Dépôts couverts par la garantie légale dans ses limites ; au-delà, risque de contrepartie bancaire.
Comptes à terme
Fonds engagés jusqu'à l'échéance choisie (souvent 1 à 5 ans). Sortie anticipée possible selon contrat, généralement avec pénalité.
Contrat de capitalisation
Rachats possibles en cours de vie, sous délais contractuels. Selon les supports logés dedans, le capital n'est pas garanti et la valeur fluctue.
SCPI
Horizon long (8 ans et plus). La revente des parts n'est garantie ni en délai ni en prix ; les revenus ne sont pas garantis. Page dédiée.

Combien placer, au juste

C'est la question qui vient avant le choix d'un support, et celle qui est le plus souvent sautée. Placer trop, c'est se retrouver à casser un contrat au mauvais moment. Placer trop peu, c'est laisser l'inflation faire son travail sur le compte courant. Le calcul se fait en trois soustractions, sur vos chiffres réels.

1. Le besoin en fonds de roulement
Ce que le cycle d'exploitation immobilise en permanence : stocks, créances clients, moins les dettes fournisseurs. Cette part n'est pas de la trésorerie disponible, même si elle apparaît en banque un jour donné.
2. Le coussin de sécurité
De quoi tenir si un gros client paie en retard ou si un mois se passe mal. Le montant se raisonne en nombre de mois de charges fixes, et il dépend de la régularité de vos encaissements bien plus que de votre chiffre d'affaires.
3. Les échéances connues
Impôt sur les sociétés, TVA, prime de participation, investissement déjà décidé. Ce qui a une date sort du calcul de l'excédent durable et rejoint la poche du moyen terme.

Ce qui reste après ces trois soustractions est l'excédent réellement plaçable. C'est ce montant que le diagnostic découpe en poches, et non le solde affiché sur le compte.

Quatre erreurs qui coûtent cher

Elles reviennent régulièrement, et aucune ne relève d'un mauvais produit. Ce sont des erreurs de cadrage.

01
Tout immobiliser sur la même échéance. Un excédent placé en bloc sur cinq ans devient un problème le jour où une opportunité se présente à deux ans. Échelonner les échéances coûte moins cher que de sortir en catastrophe.
02
Regarder le rendement affiché avant les conditions de sortie. Ce qui compte d'abord, c'est le délai pour récupérer les fonds et ce que coûte une sortie anticipée. Ces conditions figurent au contrat et vous sont remises par écrit avant toute signature.
03
Décider sans l'expert-comptable. Le traitement comptable et fiscal d'un support dépend de votre structure. Une solution intéressante pour une société à l'IS peut l'être moins dans une holding, et l'inverse existe aussi.
04
Confondre trésorerie de la société et patrimoine du dirigeant. Ce sont deux sujets, deux fiscalités, deux horizons. Les mélanger conduit à des arbitrages que l'on regrette. Cette page ne traite que le premier.

Rappel : hors dépôts bancaires garantis dans les limites légales, les supports évoqués comportent un risque de perte en capital et, pour certains, des contraintes de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

La fiscalité pèse dans le choix

Produits financiers à l'IS, régime des plus-values, cas particulier de la holding : le même support n'a pas le même intérêt selon votre structure. C'est examiné avec votre expert-comptable, pas contre lui.

Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque client et est susceptible d'être modifié ultérieurement.

Un diagnostic écrit de vos trois poches, au premier rendez-vous.
30 minutes, sans engagement. Si votre trésorerie n'a pas intérêt à être placée, c'est ce que dira le diagnostic.
Prendre rendez-vous